Blog de Noémie

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mercredi 2 septembre 2009

Oh Maître Tarantino

C'est évidemment LE grand film de la rentrée, celui dont on entend parler à tous les coins de rue : "Inglourious Basterds", de Quentin Tarantino, grand maître cinéaste incroyablement talentueux, complètement déjanté, culotté et hors-normes.

Je suis allée le voir hier soir seulement, c'est-à-dire presque 15 jours après sa sortie en salles. Mauvaise idée. Parce que comme tout le monde est couru le voir dès sa sortie, par conséquent je n'arrêtais pas d'en entendre parler. Eloges sur éloges, j'ai rarement vu un film qui faisait autant l'unanimité ! Du coup, c'est forcément un peu difficile d'avoir un regard neutre quand on s'apprête à le voir...

Ces "a priori" mis de côté, j'ai beaucoup aimé ce film et partage tous les compliments qui ont déjà pu être faits par les uns et les autres ainsi que par les critiques. C'est du très grand cinéma, et sans doute un des meilleurs films de Tarantino (bien que n'ayant pas vu tous ses films, je ne puisse me prononcer véritablement là-dessus). Un scénario, écrit par Tarantino lui-même, génialissime. Un suspense incroyable, avec une fin explosive (dans tous les sens du terme). Un découpage du scénario en 5 séquences, ce que j'ai trouvé génial. Des personnages grandioses. Christoph Waltz en tête bien sûr, LA grande révélation du film, dont tout le monde n'arrête pas de parler. Il mérite haut la main son prix d'interprétation à Cannes. "Comment, nous dit Première, en trente ans de carrière, cet acteur démentiel avait-il pu passer entre les mailles des filets des directeurs de casting et des réalisateurs de tout poil ?" On remercie Tarantino d'avoir voulu un acteur germanophone et trilingue pour ce rôle, et par conséquent, d'avoir décoché cette perle rare de 52 ans qui n'a rien fait d'autre que de tourner dans des petites séries allemandes (incroyable !). Sans doute n'a-t-on dorénavant pas fini de le voir sur le grand écran, et on s'en réjouit déjà...!
Mais les autres acteurs sont excellents aussi : Brad Pitt, hilarant en abruti psychopathe avec son accent lourd du sud des Etats-Unis, qui rappelle un peu son personnage d'abruti dans "True Romance", écrit par Tarantino et sorti en 1993. Apparemment, son personnage de Basterd lui plaisait tellement que même en-dehors des séquences de tournage, il continuait de jouer et de parler avec son accent, ce qui amusait toute l'équipe (on imagine).
Et Mélanie Laurent qui m'a agréablement surprise et qui, il faut le dire, confirme son talent de jeune comédienne plutôt douée.

Le grand "plus" du film : le mélange des langues et des origines des acteurs. Quelle extraordinaire idée de faire un film américain se passant en Europe, avec autre chose que des acteurs américains ! Ce n'est de loin pas automatique... Un grand coup de chapeau à Tarantino pour cette merveilleuse idée, et aux acteurs bilingues, trilingues ou quadrilingues tels que Christoph Waltz, Daniel Brühl et Diane Kruger.

Rentrée du cinéma

Quelle rentrée pour le cinéma !

Tout d'abord, une rentrée exceptionnelle pour le cinéma français. Deux très bons films français sont à l'affiche en ce moment. Le plus grand des deux : "Un prophète", de Jacques Audiard. Le meilleur film français depuis "Amélie Poulain", à mon sens. Un film impressionnant : un scénario incroyable (on comprend que ça ait pris 3 ans pour l'élaborer), une intrigue et un suspense qui tiennent du début à la fin (quelle tension dans la salle, qui d'ailleurs était remplie !), des acteurs époustouflants (Tahir Rahim, la révélation du film, ainsi que Niels Arestrup qui joue à la perfection le mafieux corse), une mise en scène parfaite, de la super musique,... Bref, j'ai été époustouflée par ce film, et je redécouvre avec plaisir un cinéma français que je croyais - j'avoue - un peu perdu dans le même style et la redite sans fin... Un film qui mérite le grand prix du jury à Cannes, et qui aurait sans doute aussi mérité la palme d'or...
La grande surprise de la rentrée !

Un deuxième film français que j'ai beaucoup aimé : "Les derniers jours du monde", des Frères Larrieu. Un "film total", selon le magazine Première, qui réconcilie "le drame intimiste, le film catastrophe et la comédie picaresque". Un chouette film, avec un scénario original sur l'apocalypse du monde, qui semble très réaliste (et ça fait un peu peur)... Et puis de bons acteurs bien sûr, Mathieu Amalric en tête, toujours égal à lui-même, dans son style nonchalant et décalé (il faut aimer ! moi j'adore). Catherine Frot détonne un peu dans le paysage, elle qu'on est habitué à voir dans des comédies légères. Mais elle colle finalement parfaitement bien à son personnage, et cela montre une fois encore son incroyable talent de comédienne.
J'avoue avoir été un peu perdue au début du film, je ne comprenais pas très bien où l'histoire voulait nous mener... Est-ce un film sur les déboires amoureux de Mathieu Amalric ? sur son histoire, son passé ? pourquoi situer tout ça dans un contexte de fin du monde ? Finalement, le film mélange un peu les styles (et c'est ça qui fait son charme), mais on comprend au fur et à mesure que le coeur du film se situe bien dans le contexte apocalyptique du monde.
Deux bémols : le film ne nous explique pas ce qui s'est exactement passé pour que le monde en arrive là, et puisque c'est l'intrigue principale du film, j'ai trouvé ça dommage. Je n'ai pas non plus accroché avec un des personnages féminins centraux du film : celui joué par la nouvelle actrice Omahyra Mota, sombre, squelettique et sans expressions, qui rend le couple avec Mathieu Amalric un peu improbable.
Cela étant dit, le film reste intéressant et apporte un vent frais et original sur le cinéma français, ce qui ne fait pas de mal !

mardi 21 juillet 2009

Public Enemies

"Public Enemies", je l'attendais avec impatience. Grande fan de Michael Mann depuis "Heat" et surtout "Révélations / The Insider", je me devais de courir aller voir son dernier film en avant-première.

Ce que j'aime au cinéma, c'est quand dès les premières minutes on reconnaît le style d'un réalisateur. Un peu comme dans la musique, quand par exemple dès les premières notes de guitare de The Edge, on reconnaît que c'est une chanson de U2. Avec Michael Mann, il y a plusieurs caractéristiques qui permettent de le reconnaître assez rapidement : les corps et les visages filmés de très près, les faces-à-faces entre bons et méchants (les bons n'étant bien sûr pas toujours aussi bons et les méchants pas toujours aussi méchants...), le suspense, le réalisme.
Je crois que c'est ce dernier mot qui correspond le mieux à "Public Enemies" : on est plongé dans l'action aux côtés de John Dillinger et au milieu des (trop ?) nombreuses fusillades, au point d'ailleurs de devoir se boucher les oreilles tellement le son des tirs est fort, comparé à celui des voix (ce que, en tant que spectatrice, je n'ai d'ailleurs pas trouvé très agréable...). Les gros plans intensifient ce côté réaliste, et la caméra (apparemment de dernier cri) rend l'image parfois presque surréaliste : le sable blanc a de manière surprenante des allures de neige...
Et il y a aussi le contexte : la crise des années 30. Un écho à la crise actuelle ? Sûrement pas un hasard en tout cas.

Du grand film d'action, donc. A voir pour la réalisation impeccable et ses acteurs majestueux (Johnny Depp et Christian Bale en tête).

vendredi 3 juillet 2009

Almodóvar & Woody

Les derniers films de Pedro Almodóvar ("Les étreintes brisées") et Woody Allen ("Whatever works") ne sont pas mal. Enfin, bien. Oui, ils sont bien.
Je sais que ce sont deux grands cinéastes et que leurs films sont en général encensés, par le public et les critiques. A mon sens, leurs films sont...de bons divertissements. Je n'en ressors jamais complètement bouleversée, retournée, marquée au fer comme après d'autres films. Il leut manque toujours ce petit "plus", qui fait d'un bon film un film excellent.
Ça me rappelle l'image de l'apprentissage d'une langue étrangère : rien de plus dur de passer du pallier "bon niveau" au pallier suivant qui est "niveau excellent". Il faut déjà pas mal trimer pour arriver à un bon niveau (surtout quand on part du niveau zéro), mais alors ensuite, il faut redoubler d'efforts pour continuer à s'améliorer et réussir à passer au niveau supérieur.
C'est un peu la même chose pour les films...

Donc, ces deux films ont les ingrédients qu'il faut pour être de bons films : bon scénario, bonne mise en scène, très bons acteurs. D'un côté, une Penélope Cruz magistrale, de l'autre, une brochette d'acteurs tels que Evan Rachel Wood (que je ne connaissais pas vraiment, et qui m'a impressionnée) et Patricia Clarkson, toutes les deux drôles à souhait, excentriques et nunuches, mais jamais trop.

Mais, dans les deux cas, j'ai eu l'impression que certaines scènes étaient...surfaites, exagérées. Dans "Les étreintes brisées", la fin est un peu tirée par les cheveux : la mère qui, après 14 ans de silence, dévoile tout d'un coup son secret, les larmes aux yeux (mais sans réellement pleurer), en buvant son gin à grandes gorgées. La scène n'est pas très convaincante, on n'y croit qu'à moitié... Et le pire arrive la scène suivante : le lendemain matin, en prenant son petit-déjeuner avec son fils, la mère lui annonce la révélation du siècle, qui tombe comme un cheveu sur la soupe : "Mateo es tu padre". Et le fils, à peine choqué : "ah ? ok. Au fait, il a appelé tout à l'heure, tu dois le rappeler." Je suppose que cette scène est censée être dramatique, mais elle est tellement ridicule que ça en devient hilarant (j'étais morte de rire dans la salle). Dommage de ne pas l'avoir coupée, car elle a tout gâché...

Dans "Whatever works", Woody Allen a eu la bonne idée de reprendre la vieille technique de faire parler son acteur à la caméra. Ok, depuis Belmondo dans "A bout de souffle", on connaît. Et c'est vrai que Woody Allen reprend cette technique à merveille : au début, on est mort de rire. Le personnage qui dit à son ami : "ben oui, tu ne les vois pas ? le public là, assis sur son siège en train de manger du popcorn ?" Sauf que quand ça dure 5 min, et que c'est répété plusieurs fois pendant le film, on se dit que c'est un peu exagéré et qu'il ne faut tout de même pas abuser des bonnes choses...
L'acteur principal (Larry David), d'ailleurs, est une copie de Woody Allen. Certes, une très bonne copie. Mais pourquoi ne pas nous avoir accordé la version originale, c'est-à-dire le vrai Woody Allen en personne ?

vendredi 26 juin 2009

Exposition Jacques Tati

Récit d’une après-midi parisienne… :)

J’ai adoré l’exposition Jacques Tati de la Cinémathèque française. J’en avais beaucoup entendu parler sur France inter, donc j’avais hâte de la voir. Et je n’ai pas été déçue !

Dès le début, on a l’impression de rentrer dans l’univers de Tati : on passe par un sas, une espèce de salle faite de vitres, à l’intérieur de laquelle est projeté un extrait de film où on voit Tati à l’intérieur d’une salle identique. Salle suivante : on entre véritablement dans l’exposition. La salle fourmille de petits recoins, de reconstitutions de maquettes ou de costumes, et bien sûr de télés avec des extraits de films, et un très bon documentaire sur l’œuvre cinématographique de Tati (projeté sur une rangée d’écrans de télévision, qui ne passent pas la même chose : sur un écran on voit le narrateur, sur un autre on voit un extrait d’un film, etc. et le tout en coordination, bref c’est très bien fait). Moi qui ne connaissais pas grand-chose à Jacques Tati, j’ai appris plein de choses. Son travail sur le son, qui a impressionné bon nombre de cinéastes (David Lynch et Wes Anderson, par exemple) ; le jeu qu’il faisait autour de la vitre, matériel transparent qui l’amusait beaucoup ; et bien sûr le message sur la transformation de notre société en société consumériste et matérialiste, et tous les travers qui en découlent…

Une citation qui m’a marquée : « Je fais partie des cinéastes qui aiment leurs films et qui acceptent de ne pas être vus par tout le monde, comme un peintre accepte de ne pas être accroché dans tous les living-rooms. » (Jacques Tati, 1979)

En sortant de la Cinémathèque, je suis allée à l’Hôtel de ville voir l’exposition sur Gustave Eiffel. L’Hôtel de ville fait toujours des expositions sympas, assez courtes, mais gratuites. Là aussi, j’ai appris pas mal de choses. Notamment que Gustave Eiffel n’était pas immédiatement convaincu de son propre projet de la Tour, que la Tour était très controversée, avant, pendant et après sa construction : des dizaines d’artistes ont signé une pétition plaidant contre l’érection de ce morceau de fer immonde au plein milieu de leur ville ! S’ils avaient su que ce monument allait devenir peu de temps après LE symbole numéro 1 de Paris…
Après l’exposition universelle de 1900, il y a aussi eu plusieurs projets de transformation de la Tour : des projets tous plus incroyables les uns que les autres. C’est finalement l’utilité technique de la Tour (le fait d’y installer la télégraphie ou je ne sais plus quoi au sommet) qui l’a sauvée…!
Et puis j’ai aussi appris qu’il a fait d’autres choses le Monsieur Eiffel : plusieurs ponts et viaducs, en France, en Europe et en Amérique du sud. Et il a aussi participé à la construction de la Statue de la Liberté (avec la construction de la structure interne en fer de la statue). Intéressant !