Emanuel Gat - K626
Ecrit par Noémie S., le samedi 16 mai 2009 à 00:19 , dans General
K626, c'est le nom du Requiem de Mozart et c'est le nom du spectacle de danse du chorégraphe israëlien Emanuel Gat, jeune virtuose qui encense les critiques.

Sept danseurs, vêtus de noir, sur une scène sans décor, entourée de rideaux noirs. Le tout sur le Requiem de Mozart. Le ton est donné. Je me dis, dès le début, que le titre correspond bien au ballet : court, sec, sans fioriture.
C'est vrai que c'est la première impression que me font les ballets qui n'ont aucun décor, aucun costume. Moi qui suis amoureuse des ballets du type de "Choros" (mon premier coup de foudre : "Choros e valsas: um tributo a Pixinguinha", 2006, Compagnie de ballet de Niterói, Brésil), "Coppélia" (Opéra national du Rhin, 2008) et "Des ordres/Désordres" (Opéra national du Rhin, 2008), où la création artistique passe par le mouvement mais aussi le "surplus" (costumes, décor, jeux de lumière, etc.), j'ai a priori plus de mal à me laisser emporter par des ballets de type "froid".

N'empêche que... K626, après quelques minutes, se révèle plutôt intéressant. La recherche artistique au niveau de la chorégraphie est excellente. Les mouvements et le rythme sont saccadés, puis deviennent souples, fluides et doux. Le passage constant de l'un à l'autre est parfois un peu déconcertant, mais enrichissant. A plusieurs reprises, les artistes courent d'un bout à l'autre de la scène, tel un troupeau, puis s'arrêtent et se faufilent les uns derrière les autres (ou plutôt : les derniers avancent en se faufilant devant les autres, s'arrêtent devant, puis les derniers font la même chose, etc.), tout en se touchant, très doucement, le plus doucement possible. Et puis les mouvements reprennent sur un ton plus rythmé, plus enflammé.
Certains gestes m'ont marquée, je pense notamment à la séquence où les danseurs s'avancent l'un après l'autre devant la scène, puis font des chorégraphies des mains sur le visage... Bizarre, étonnant !
Comment réussit-on à imaginer de telles chorégraphies ? L'imagination dont font preuve les artistes comme Emanuel Gat m'impressionne.
Si j'y arrive, j'essaierai d'aller voir d'autres spectacles organisés par Pôle Sud dans le cadre du festival Strasbourg nouvelles danse.